Biographie

Catherine Cusset est née à Paris en 1963. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure et agrégée de lettres classiques, elle a enseigné pendant douze ans la littérature du dix-huitième siècle à l’université de Yale aux États-Unis. Elle est l’auteur de onze romans parus chez Gallimard entre 1990 et 2016, dont En toute innocence, Jouir, Le problème avec Jane (Grand prix littéraire des lectrices d’Elle 2000), La haine de la famille, Confessions d’une radine, Un brillant avenir (Prix Goncourt des Lycéens 2008), Indigo, Une éducation catholique et L’autre qu’on adorait, et d’un récit au Mercure de France, New York, Journal d’un cycle. Elle est traduite dans une quinzaine de langues. Elle vit depuis vingt ans à New York avec son mari et sa fille.

Biographie détaillée

1986-1990

Au printemps 1986, Catherine Cusset rencontre Philippe Sollers après lui avoir envoyé un texte sur Sade. Sollers publie “Les larmes de Justine” dans sa revue, L’infini, et, l’année suivante, d’autres textes sur Balzac, Laclos, et Voltaire.
En septembre 1986, elle part comme lectrice à l’université Yale aux États-Unis. Elle y reste une deuxième année et commence un doctorat de littérature française à Yale sur le roman libertin, publié chez Champion en 1998 sous le titre Les romanciers du plaisir.

En mai 90, Philippe Sollers publie son premier roman, La blouse roumaine, dans la collection L’infini. Le roman sort dans une discrétion que l’attachée de presse chez Gallimard résume en trois mots: “C’est un flop.”

L’été 90, Catherine se marie avec un Américain, soutient sa thèse sur Sade et part vivre aux États-Unis.

1995-2004

Son deuxième roman, En toute innocence, paraît en mars 95 dans la collection blanche et reçoit un accueil critique enthousiaste. Salué par François Nourrissier, nominé pour le Goncourt et le Femina, ce bref roman marque la véritable entrée de Catherine Cusset sur la scène littéraire.  Elle publie son troisième roman, À vous, en octobre 1996. Ce roman qui se passe entre Paris et une petite ville du Connecticut et qui porte sur le pouvoir traumatisant du silence met en scène un éditeur et intellectuel parisien, Aloïs Man, ressemblant à Philippe Sollers.

Entre 1995 et 1999, Catherine Cusset vit entre New Haven et Prague où est parti travailler son mari.  En 1997 paraît Jouir, portrait du désir d’une femme de six à trente-deux ans à travers une mosaïque de petites scènes. En 1999 elle publie Le problème avec Jane, dont l’héroïne, une jeune Américaine enseignant dans une grande université, reçoit un manuscrit anonyme intitulé “Le problème avec Jane” qui décrit dix ans de sa vie dans le plus grand détail, et dont elle cherche à deviner l’auteur parmi ses ami(e)s, collègues, ou ex-amants. Finaliste pour le prix Medicis en 1999, lauréat du prix des lectrices de Gaël en Belgique en février 2000, et grand prix littéraire des lectrices d’Elle 2000, Le problème avec Jane est le premier des romans de Catherine Cusset à connaître un succès commercial.

En janvier 2001 paraît La haine de la famille, salué unanimement par la critique et par Bernard Pivot lors de l’émission de Bouillon de Culture du 19 janvier 2001, et nominé pour le prix Inter. La haine de la famille, roman vrai, porte sur le rapport mère-fille et examine trois générations d’une famille bourgeoise, intellectuelle, parisienne, bretonne et juive, les Tudec. En 2003 paraît Confessions d’une radine, autre succès critique et commercial, autocritique pleine de dérision de l’auteure qui se dénonce comme “radine” et qui met en lumière l’absurdité de la radinerie et ses enjeux dans le rapport à l’autre. En 2004 est publié Amours transversales, livre intermédiaire entre la nouvelle et le roman, qui fait voyager le lecteur de Milan à Berlin et de New York à Cancun.

2008-2014

Après quelques années de silence, Catherine Cusset revient sur la scène littéraire en 2008 avec Un brillant avenir, un roman qui couvre presque un demi-siècle et qui entrelace l’histoire d’Elena, une jeune Roumaine qui a grandi dans la Roumanie antisémite de Ceauscescu et qui réussit à émigrer à quarante ans aux États-Unis avec son mari juif et son fils unique, et un récit plus contemporain qui relate le rapport conflictuel entre Elena, devenue Helen, et sa belle-fille française. C’est un roman sur le retour du passé qu’on a cru enterré. Un brillant avenir reçoit le Prix Goncourt des lycéens 2008.

En 2009 paraît au Mercure de France, dans la collection dirigée par Colette Fellous, Traits et Portraits, un récit accompagné de photos, New York, journal d’un cycle, dont la première version remonte à 1995: chant d’amour pour New York et pour le vélo, New York, journal d’un cycle, décrit une dispute conjugale autour du désir d’enfant.
En décembre 2009, Catherine Cusset voyage en Inde pour la première fois et en rapporte l’idée d’un roman, Indigo, paru en janvier 2013. Ce dixième livre, écrit dans la veine romanesque du Problème avec Jane et d’Amours transversales, est un roman choral décrivant la semaine en Inde de quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas et se retrouvent confrontés à leur passé pendant un huit-clos de huit jours dans une Inde sur le qui-vive, pleine de tension, un an après les attentats de Bombay.
Avec Une éducation catholique, paru en août 2014, elle retourne à une veine autofictive et à la première personne. Roman de formation, Une éducation catholique explore l’influence de la religion catholique sur la naissance du désir et de l’amour. En 2015 paraît, aux éditions Dialogue à Brest, un petit texte illustré d’aquarelles, Le côté gauche de la plage, qui est une ode à la fois au lieu où Catherine part se ressourcer chaque été, et à un ami disparu rencontré en ce lieu.

Son nouveau roman, “L’autre qu’on adorait”, a paru à la rentrée littéraire 2016. Salué par une critique unanime, il raconte vingt-deux ans de la vie de Thomas, un garçon brillant, exubérant, grand séducteur et grand jouisseur, passionné de musique et de littérature, aimant la fête, les femmes et le vin, la vie en un mot, entouré d’amis qui l’adorent, et qui finit par se suicider, seul, à trente-neuf ans, dans une petite ville de Virginie où son destin ne l’appelait pas. Ce roman qui se passe entre l’Amérique et la France, comme plusieurs autres oeuvres de Catherine Cusset, dépeint la souffrance de ceux que la société stigmatise et finit par broyer. Choisi par le JDD comme un des meilleurs romans de la rentrée, L’autre qu’on adorait a été nominé pour le Renaudot, le Femina, l’Interallié, le prix Décembre, le prix France-Culture-Telerama, et finaliste pour le Prix Goncourt.

L’oeuvre de Catherine Cusset est traduite en anglais, allemand, russe, biélorusse, roumain, tchèque, bulgare, espagnol, italien, portugais, grec, turc, hébreu, japonais, vietnamien, et taïwanais.