Biographie

Catherine Cusset est née à Paris en 1963. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure et agrégée de lettres classiques, elle a enseigné la littérature du dix-huitième siècle à l’université de Yale aux États-Unis de 1990 à 2002. Elle est l’auteur de treize romans parus chez Gallimard entre 1990 et 2018, dont En toute innocence, Jouir, Le problème avec Jane (Grand prix littéraire des lectrices d’Elle 2000), La haine de la famille, Confessions d’une radine, Un brillant avenir (Prix Goncourt des Lycéens 2008), Indigo, Une éducation catholique, L’autre qu’on adorait et Vie de David Hockney, ainsi que d’un récit au Mercure de France, New York, Journal d’un cycle. Elle est traduite en dix-huit langues. Elle vit depuis vingt ans à New York avec son mari et sa fille.

Biographie détaillée

1986-1990

Catherine Cusset rencontre Philippe Sollers quand elle a vingt-deux ans, au printemps 86, après lui avoir envoyé un texte sur Sade. Sollers publie “Les larmes de Justine” dans sa revue, L’infini, et, l’année suivante, d’autres textes sur Balzac, Laclos, et Voltaire.
En septembre 1986, elle part comme lectrice à l’université Yale aux États-Unis. Elle y reste une deuxième année et, parallèlement à sa thèse française sur Sade, commence un doctorat sur le roman libertin, paru chez Champion en 1998 sous le titre Les romanciers du plaisir.

En mai 90, Philippe Sollers publie son premier roman, La blouse roumaine, dans la collection L’infini. Le roman sort dans une discrétion que l’attachée de presse chez Gallimard résume en trois mots: “C’est un flop.”

L’été 90, Catherine se marie avec un Américain, soutient sa thèse sur Sade et part vivre aux États-Unis.

1995-2004

Son deuxième roman, En toute innocence, qui raconte les angoisses d’une adolescente tôt confrontée à la mort, paraît en mars 95 dans la collection blanche et reçoit un accueil critique enthousiaste. Salué par François Nourrissier, nominé pour le Goncourt et le Femina, ce bref roman marque la véritable entrée de Catherine Cusset sur la scène littéraire.  Elle publie son troisième roman, À vous, en octobre 1996. Ce roman qui se passe entre Paris et une petite ville du Connecticut et qui porte sur le pouvoir traumatisant du silence met en scène un éditeur et intellectuel parisien, Aloïs Man, ressemblant à Philippe Sollers.

Entre 1995 et 1999, Catherine Cusset vit entre New Haven et Prague où est parti travailler son mari.  En 1997 paraît Jouir, portrait du désir d’une femme de six à trente-deux ans à travers une mosaïque de petites scènes. En 1999 elle publie Le problème avec Jane: une jeune Américaine enseignant dans une université prestigieuse reçoit un manuscrit anonyme intitulé “Le problème avec Jane”, dont l’auteur, qu’elle cherche à deviner, semble tout connaître de sa vie. Finaliste pour le prix Medicis en 1999, lauréat du prix des lectrices de Gaël en Belgique en février 2000, et grand prix littéraire des lectrices d’Elle 2000, Le problème avec Jane est le premier des romans de Catherine Cusset à connaître un succès commercial.

En janvier 2001 paraît La haine de la famille, salué unanimement par la critique et par Bernard Pivot lors de l’émission de Bouillon de Culture du 19 janvier 2001, et nominé pour le prix Inter. La haine de la famille, roman vrai, porte sur le rapport mère-fille et examine trois générations d’une famille bourgeoise, intellectuelle, parisienne, bretonne et juive, les Tudec. En 2003 paraît Confessions d’une radine, autre succès critique et commercial, autocritique pleine de dérision de l’auteure qui se dénonce comme “radine” et qui met en lumière l’absurdité de la radinerie et ses enjeux dans le rapport à l’autre. En 2004 est publié Amours transversales, livre intermédiaire entre la nouvelle et le roman, qui fait voyager le lecteur de Milan à Berlin et de New York à Cancun.

2008-2014

Catherine Cusset revient sur la scène littéraire en 2008 avec Un brillant avenir, un roman qui couvre presque un demi-siècle et qui entrelace l’histoire d’Elena, une jeune Roumaine qui a grandi dans la Roumanie antisémite de Ceauscescu et qui réussit à émigrer à quarante ans aux États-Unis avec son mari juif et son fils unique, et un récit plus contemporain qui explore le rapport conflictuel entre Elena, devenue Helen, et sa belle-fille française. Ce roman sur le retour du passé qu’on a cru enterré reçoit le Prix Goncourt des lycéens 2008.

En 2009 paraît au Mercure de France, dans la collection dirigée par Colette Fellous, Traits et Portraits, un récit accompagné de photos, New York, journal d’un cycle, dont la première version remonte à 1995: chant d’amour pour New York et pour le vélo, New York, journal d’un cycle, retrace une dispute conjugale autour du désir d’enfant.
En décembre 2009, Catherine Cusset voyage en Inde pour la première fois et en rapporte l’idée d’un roman, Indigo, paru en janvier 2013. Ce roman choral écrit dans la veine romanesque du Problème avec Jane et d’Amours transversales, relate la semaine en Inde de quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas et se retrouvent confrontés à leur passé pendant un huit-clos de huit jours dans une Inde sur le qui-vive, pleine de tension, un an après les attentats de Bombay.
Avec Une éducation catholique, paru en août 2014, elle retourne à une veine autofictive et à la première personne. Roman de formation, Une éducation catholique explore l’influence de la religion catholique sur la naissance du désir et de l’amour. En 2015 paraît, aux éditions Dialogue à Brest, un petit texte illustré d’aquarelles, Le côté gauche de la plage, ode à la fois à la péninsule bretonne tout au bout des terres où Catherine part se ressourcer chaque été, et à un ami disparu rencontré en ce lieu.

L’autre qu’on adorait“, publié à la rentrée littéraire 2016, raconte vingt-deux ans de la vie de Thomas, un garçon brillant, exubérant, grand séducteur et grand jouisseur, qui dévore la vie par tous les bouts et se suicide à trente-neuf ans dans une petite ville de Virginie où son destin ne l’appelait pas. Ce roman dépeint la souffrance de ceux que la société stigmatise et finit par broyer. Choisi par le JDD et par France-Inter comme un des meilleurs romans de la rentrée, L’autre qu’on adorait a été nominé pour le Renaudot, le Femina, l’Interallié, le prix Décembre, le prix France-Culture-Telerama, le prix Inter, et finaliste pour le Prix Goncourt. Il a reçu les prix Liste Goncourt/Choix roumain, Liste Goncourt/Choix belge, Liste Goncourt/Choix suisse, et Liste Goncourt/Choix slovène.
Catherine Cusset poursuit dans la même veine avec un roman sur la vie du célèbre peintre anglais David Hockney, Vie de David Hockney, qui paraît en janvier 2018. Ce livre rend hommage à un artiste d’une liberté extraordinaire, ouvertement homosexuel quand l’homosexualité était encore punie par le code pénal en Angleterre, peintre figuratif à une époque où triomphait l’abstraction, qui a osé défendre le plaisir contre l’esprit de sérieux et glorifier la vie quand la mort le cernait. David Hockney a de nombreux points communs avec le protagoniste de L’autre qu’on adorait: l’hédonisme, le non-conformisme, l’humour, la désinvolture par rapport aux institutions, le choix d’une double-vie entre l’Amérique et l’Europe… Mais là où Thomas avait échoué à trouver sa place dans la société, David a créé une oeuvre. Vie de David Hockney est en quelque sorte le miroir inversé de L’autre qu’on adorait.

L’oeuvre de Catherine Cusset est traduite en anglais, allemand, russe, biélorusse, roumain, ukrainien, tchèque, bulgare, espagnol, italien, portugais, grec, turc, hébreu, japonais, vietnamien, chinois, et taïwanais.